C’est le titre de mon dernier boulot d’anglais. C’est aussi une description assez précise de mon weekend. Il y a là un lien de causalité, puisque mon dernier boulot d’anglais raconte mon weekend. Ma fin de semaine (en québécois dans le texte), en fait.
Au Québec, d’ailleurs, les gens n’ont pas anniversaire. Si, si, ils sont nés quand même, ce ne sont pas des extraterrestres (qui a dit « quoique » ???). Mais au Québec, on a sa fête. C’est moins précis, puisqu’il y a des tas de trucs qu’on qualifie de « fête ». Mais la Fête avec un F majuscule sur lequel on n’insiste pas parce qu’en général, le contexte aide à saisir de quelle fête on parle, c’est l’anniversaire.
Cette fin de semaine, donc, c’était donc la fête d’un ami, dont l’un des trucs, dans la vie, c’est le swing. Non, c’est pas bizarre. C’est pas comme s’il se battait avec des épées en mousse ou lançait des dés à dix face pour savoir si son nain arrive à lancer une chope de bière sur un orc. Ca, c’est bizarre. Les rôlistes sont vraiment une race à part.
Le swing, c’est juste inhabituel, assez confidentiel. Il danse le swing, donc. Et de me dire, assis devant un verre de bière dans un bar à shisha, il y a près de deux mois : « un jour, je te proposerai de venir avec ».
« Euh…oui…d’accord, si tu veux, un jour ! » a du être ma réponse à voix haute, tandis que dans ma tête, ça ressemblait plus à « Ouais, non, ça va ! Heureusement, je pense que tu oublieras cette idée ». Non que j’aime pas le swing. Ni la danse en général. J’adore regarder des gens danser. Qu’on soit clair, ça non plus, c’est pas mon passe-temps favori. Mais de temps en temps, ça agrémente une soirée. Toutes sortes de danses. Des beaufs des bals champêtres et de la tecktonick (faut bien rigoler) aux professionnels. Les regarder un peu, en discutant avec son voisin de table, un verre à la main, ça fait passer le temps, c’est agréable. Mais passer de l’autre côté de la barrière, sur la piste, en essayant de faire suivre à mes jambes un mouvement cohérent qui colle en plus au rythme de la musique, c’est une autre histoire, et habituellement, elle s’écrit sans moi !
Hélas. Pour sa fête, il nous a invités à manger chez lui, avec pour objectif de nous traîner dans un club où l’on danse le swing le samedi soir. Il n’avait donc pas oublié ! Pire, il mettait sa menace à exécution bien plus tôt que ce que je pensais. J’avais au moins la consolation de n’être pas seul embarqué dans cette galère. Hélas derechef. Peu d’invités, encore moins de gens ayant répondu présent. Sa sœur et une de ses amies sont venues nous tenir compagnie pour finir le guacamole. Deux Blanches de Chambly et une part de gâteau plus tard, nous voilà partis pour le Jazz Hot. Nous ne sommes plus que deux. Sa soeur et son amie nous ont abandonnés, une autre fête les empêchait d'aller danser.
Le Jazz Hot, il faut connaître pour y aller. Non que ce soit privé. C'est juste difficile à trouver. Aucune indication, aucun panneau lumineux, aucune enseigne qui indique un quelconque club. C'est est à l’étage d’un bâtiment, on y accède par un escalier assez étroit. Pas grand monde quand on arrive, quelques personnes attablées, attendant que l’initiation commence. Les droits d’entrée acquittés, et un petit tampon sur le poignet pour prouver qu’on a payé (pratique courante à Montréal, et c’est souvent un smiley, acheter son propre exemplaire serait pas une mauvaise idée !), on a à peine le temps de poser ses affaires que l’initiation commence. Les profs sont très sympas, rassurent les débutants : ça ira vite, ce ne seront que de simples bases pour arriver à danser à peu près en rythme, rien de compliqué. Le début est effectivement abordable. Pas à gauche, pas à droite, un, deux, un, deux. Puis, on rajoute le pas en arrière, un, deux, et rock step, un, deux… Voilà c’est ça ! » On nous apprend ensuite à tourner. Ca se complique, faut pas perdre le rythme pendant que la demoiselle passe sous vos aisselles. Et retour. Un, deux, rock step. Les partenaires changent après deux ou trois mouvements, pour permettre à tous les hommes de souffrir du déficit en filles. On danse avec des filles qui savent swinguer. Et avec d’autres qui savent pas, ce qui donne des « attends. Non, si tu passes là. Euh, oui, mais y’a le pas à respecter. Un, deux, rock step. Et puis arrive un autre mouvement, donc je me souviens absolument plus, probablement parce que j’ai jamais pu le faire sans me planter.
Et mine de rien, les 40 minutes sont passées vite. Les danseurs envahissent la piste, et on comprend rapidement qu’il y a une différence flagrante entre les trois mouvements d’initiation et le swing pratiqué à un niveau correct. Ce dernier est plutôt agréable à regarder. On se dirige, cela dit, vers le bar. Les cocktails sont pas chers, même avec le tip (pourboire) obligatoire, ça dépasse pas les 7 dollars !
Mais quelques gorgées plus tard, je perds mon acolyte, qui se rue sur la piste de danse comme un supporter de hockey sur sa télé un soir de match. Moi je m’assois, et j’admire. Jusqu’à ce qu’une fille me propose de danser. C’aurait presque pu paraître naturel si elle connaissait pas déjà mon nom. Sachant très bien que j’enchainerai pas les danses, mon ami s’arrangeait pour que je me retrouve avec une partenaire. Un, deux, rock step. La fille rigole beaucoup : je fais des grimaces à chaque fois que je me plante, c'est-à-dire toutes les deux rotations. Mais elle est très compréhensive. Je ne l’en remercierai jamais assez. Pendant que je fais une danse et bois cinq ou six gorgées de mon cocktail, mon pote fait l’inverse. Une autre fille vient m’inviter. Celle-ci connaît ma coloc, raison de plus pour pas refuser. Un, deux, rock step again. Je me plante encore dans mes mouvements, et je suis forcé de faire toujours les mêmes, tandis que d’autres virevoltent sur la piste. Ma partenaire est une habituée des soirées swing. Elle danse cinq fois par semaine. Ca doit être vraiment ennuyeux de danser avec moi.
Pas super à l’aise, je retourne m’asseoir, et discute le reste de la soirée avec mon pote et ma première partenaire, qui me réinvite. Ce seront mes trois seuls exploits sur la piste pour ce soir.
J’ai néanmoins passé une excellente soirée, et ça m’a pas mal intéressé, le swing. Au point d’en faire ? Peut-être. Ils filent des cours à l’université de Montréal. C’est la prof qui a fait l’initiation, et qui est très sympa. Une autre incursion dans le monde du swing ? C’est pas exclu, même si je me sentais un peu perdu au milieu de ce microcosme où finalement, pas mal de gens se connaissent. L’impression d’être dans l’univers rôlistique, où tous les joueurs se passent tuyaux, évènements et bonnes adresses.
D’ailleurs, le lendemain, après deux mois et demi qui m’avaient presque fait abandonner tout espoir de jouer durant mon séjour, j’ai renoué avec le jeu de rôle. J’avais rencontré au match d’impro France Québec deux Français très sympa. L’un des deux, chercheur en maths, cherchait justement un MJ, pour jouer avec ses colocs. Le groupe était déjà constitué. Une petite séance préliminaire pour faire connaissance et créer les persos, le tour était joué. Et voilà comment je suis redevenu le Dieu des Dieux de Warhammer le temps d’une (demi) partie. Pas eu le temps de progresser beaucoup, car une bonne partie des joueurs débutait dans le JdR et/ou dans Warhammer. Le temps d’expliquer les règles, le concept, de peaufiner les persos, on a fait que la moitié de l’aventure. Mais là encore, une bonne soirée, conviviale avec des gens fort sympathiques, qui m’a permis de me rappeler que l’intérêt des jeux de rôle, c’est bien sûr le jeu en soi, mais aussi l’ambiance qui gravite autour, boire, rire, manger…les anecdotes fusent, les joueurs prennent plaisir avec leur perso. D’ailleurs, on a eu d’excellents moments de roleplay, notamment grâce aux deux joueurs les plus assurés, un Diestro estalien (sorte d’escrimeur espagnol) vicieux et arrogant et une hobbit qui ment avec un tel aplomb que je répugne à faire lancer des dés pour voir si les gens croient à son baratin. Vivement la prochaine partie.