Docteur Céline
Ca faisait la une de tous les journaux hier au Québec. Et ça a même été mentionné dans les news Orange.fr. Nul doute que TF1 en a aussi parlé ! Hier, à la veille de son concert géant sur les Plaines d’Abraham, pour les 400 ans de Québec, Céline Dion, caricature du Québec en France, en partie grâce à Laurent Gerra, mais véritable idole des foules au Québec, a reçu de l’Université Laval à Québec…un doctorat.
Comme ça. Pour rien. Enfin, pour rien en particulier. Pour l’ensemble de sa carrière et son investissement dans des causes philanthropiques.
Avec le costume qui va bien, et tout...
On la dit émue. D’après l’article, même pas par son doctorat. Parce qu’elle est allée au bout de ses rêves, ou une ânerie du genre. Pour elle, les diplômes ne signifient rien. Elle ne fait pas ce qu’elle fait pour avoir des médailles. Elle préfère l’école de la vie. Mais elle est docteur. Elle a le même grade que des Québécois qui ont bossé pendant dix ans comme des crevards, qui se sont endettés jusqu’au cou, et parfois même plus haut, pour passez un diplôme dont tout le monde s’en foutra peut-être. Ils seront obligés, tout docteurs qu’ils sont, avec leurs années d’études et de travail acharné pour pas pantoute, de rembourser leurs 15 000 $ en travaillant au Wal-Mart du coin. Je préfère encore, dans la reconnaissance par le pays, la Légion d’honneur.
Et avec le temps, on risque de retrouver Céline à l’Université, donnant des cours de communication, ou de management, avec peut-être en guest-star son méri R’né ! Remplissant les amphithéâtres d’étudiants avides de l’entendre dire « j’suis tell’mint, tell’mint continte de vous voir ». La plage horaire sera saturée, les places libres inexistantes. Et pendant ce temps, les vrais docteurs, ceux qui savent des choses et qui ont travaillé, les veinards qui ont réussi à être recrutés par une université, malchanceux qu’ils sont de travailler dans la même fac que Céline, auront deux pauvres étudiants venus écouter leur cours sur les problèmes de développement dans l’Afrique sub-saharienne depuis 1945, ou sur la réaction moléculaire des surfaces planes…Ca vaut le coup de faire des études.
A quand un doctorat de la Sorbonne pour Johnny Halliday, chanteur d’exception et bientôt réfugié politique d’un pays en voie de disparition, la Belgique ?