Comme un goût d'organisation française...
Relents d’université française au moment où il s’agit de valider son inscription à l’Université de Montréal. Tiens, l'administratif pose problème ? C’est à ce moment-là qu’on se rend compte que – quasiment – rien de ce qu’on avait préparé sur le plan pédagogique en France ne marche ici.
Et la course commence. Tout recommence, d’ailleurs. Tout d’abord, chose prévisible, les cours que vous aviez choisis en vous inscrivant, en janvier, ne son plus disponibles ? Tous ? Non, non, ils en ont gardé deux…sur huit ! Merci…
Pour simplifier les choses, les séminaires de recherche ont été supprimés. Réforme de la maîtrise. Pas de souci, ça va encore faciliter les choses, au point ou j’en suis : on reprend à zéro, on recherche les cours disponibles, les emplois du temps. On progresse. Lentement.
Rencontre avec les profs, qui hallucinent en apprenant que Mulhouse demande 15 crédits. Ils en rigolent. Entre deux rires, ils parviennent à glisser un « Mais ils sont fous ! C’est beaucoup trop de travail !».
Bien entendu, le choix de cours est absolument nécessaire pour s’inscrire. Sans ça, pas de carte étudiante, pas de carte de bus à tarif réduit, pas d’emprunt à la bibliothèque, pas de sport…Faut trouver une solution.
Ma directrice de recherche propose un truc à mi-chemin entre la L3 et le Master. On soumet la proposition aux responsables français, et en attendant la réponse, premier cours. L’effet est intéressant : le matin même, on vous apprend que finalement, votre rentrée, c’est l’après-midi même. Le lendemain, le directeur du département d’histoire se penche sur mon cas. On efface tout, on recommence. Cela dit, je ne le remercierai jamais assez de s’être occupé de ça. C’est toujours bien d’avoir quelqu’un qui dit « Bon. Je m’en occupe directement avec les personnes concernées, on en discutera quand j’aurai les réponses. » Et effectivement, à cette rencontre, il me dit que tant pis pour les autres, je ferai ce qui se fait au Canada : deux séminaires, et éventuellement de l’anglais, si c’est nécessaire. Ca tombe bien, j’avais fait les tests la veille.
Quelques jours plus tard, le projet est validé en France. Mais (hé oui, trop simple, sinon), problème avec l’anglais ! Pas assez de place au département d’anglais. Seule solution pour moi : la Faculté d’Education Permanente, qui dispense aussi des cours d’Anglais langue étrangère. Re-un test, le samedi matin. Quel week end. Là encore, les gens très sympas aident à faire passer la pilule. L’examinateur était à Bâle quand il était étudiant, me conseille des coins historique dans les environs de Montréal, et discute de séries télé. En attente des résultats, mais
Inscriptions, enfin, une semaine après le début des (gros) problèmes. Une semaine après tout le monde. Du coup, plein d’optimisme, j’espère enfin pouvoir faire, dans la foulée, le même jour, ma carte de bus, ma carte étudiante, et aller voir ma prof pour qu’elle me donne des titres de livres à lire. Tu parles !
Déjà, je suis pas foutu de retenir l’horaire de présence de ma prof. Ensuite, l’inscription met 24 heures à être effective. Bon, ce sera pas pour tout de suite. Le lendemain, carte étudiante. Et pendant qu’on y est, on va demander ce que sont ces 75$ qui sont apparus en même temps que l’anglais sur ma facture dont le montant est censé rester à 0$, avantage inestimable des étudiants en échange vu le prix des cours icitte ! Apparemment, fait les payer.
Enfin la carte étudiante !
A partir du moment, où j’ai ma carte étudiante, tout s’emballe ! Yeah ! Je peux officiellement commencer à travailler ! Quoi ? Comment ça, je suis pas crédible ?
Dernier exploit en date : la carte de transports en commun, une nouveauté 2008 qu’ils ont appelé la carte OPUS, sans doute parce qu’elle est à puce ! Et comme j’étais pas inscrit au moment où ils la faisaient faire à l’université, j’ai du me taper le centre d’émission au centre ville. On arrive vers 17 heures, ça ferme à 18 heures plus tard. « Ca vaut pas le coup que vous restiez, vous passerez pas ce soir ». La file d’attentes s’étend loi au dehors de la boutique. Et, enfin, ce matin, après avoir fait le pied de grue pendant une demi heure avant l’ouverture avec mon acolyte dans la quasi-même situation que moi, ENFIN on peut bénéficier des tarifs étudiants qui sont à peu près la moitié de ce que vous paieriez en temps normal !


La carte OPUS, faite par des soit-disant spécialistes de la photo...en même temps, une photo d'identité prise avec une webcam donnera jamais du grand art. Mais on pourrait espérer moins de pixels !
Quelle course. Tout ça par manque d’informations, d’u côté comme de l’autre. Si on m’avait dit dès mon arrivée « Voilà les cours disponibles, vous êtes en maîtrise, choisissez en deux ou trois » ou avant mon départ « A Montréal, les crédits de maîtrise sont différents des crédits de premier cycle, faudra suivre ce que vous dit votre directeur de recherche », c’eut été plus simple. Si les « deuxième cycle » avaient aussi eu droit à une réunion à leur arrivée pour leur expliquer le fonctionnement de l’échange en maîtrise, et qu’on leur explique à qui s’adresser pour s’inscrire, choisir les cours, demander des conseils, ça se serait aussi mieux passé. Au lieu de ça, deux files d’attentes dans le vent pour s’entendre dire « Deuxième cycle ? Peux rien faire, allez là ! ». Vive l’harmonisation et la transmission des infos !