Musée du château Ramezay
« La plus belle demeure qui soit en Canada » se serait exclamé le onzième gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay, en voyant son « château » (on dirait plutôt de nos jours une grosse maison), achevé en 1705.
Je vous passe les détails sur Claude de Ramezay, sachez seulement qu’il serait à l’origine de la construction des remparts de Montréal, protection apparemment nécessaire contre les Anglais. Finalement, la ville se rendant sans combattre aux Anglais en 1760, ils n’auront jamais servi. Ils ont été abattus pour permettre l’expansion de la ville, et il n’en reste que quelques vestiges (dont certains au musée Pointe-à-Callière).
L'entrée du "château"...on vous avait prévenu ! C'est pas Versailles !
Le musée du château Ramezay est installé dans la demeure du gouverneur lui-même, demeure racheté dans les années 1756 par la Compagnie des Indes Occidentales qui l’a légèrement agrandi. Ce sont des gens costumés à la mode du XVIIIe siècle qui vous accueillent, sont à la caisse et aux visites. Ca vous met dans l’ambiance. A l’intérieur, des « artefacts » (ils aiment bien ce mot, et moi aussi, alors je le garde !) de toutes époques, depuis Cartier et Champlain jusqu’au début du XXe siècle retracent l’histoire chronologique du Québec, et plus particulièrement de Montréal. Clair, pas trop grand, aux informations précises, le musée se visite de fond en comble pour peu qu’on s’y intéresse. Je ne vous cache pas que j’ai fait l’impasse sur quelques vitrines du XIXe siècle. Il expose à la fois des objets de tous les jours, des images d’époques d’évènements majeurs qui sont toujours expliqués, et des portraits en peinture, puis en photo, de grandes figures montréalaises ou canadiennes, avec leur biographie. Presque chaque salle correspond à une époque : traite, colonisation, courte domination américaine, soulèvement des patriotes pro-français…
La "salle de Nantes" reconstituée après avoir racheté les lambris ! Y figurent des portraits de personnages ayant marqué Montréal pendant la domination française, ainsi qu'un Anglais
Les deux dernières salles du rez-de-chaussée sont une expo temporaire sur les mythiques monstres marins, et la peur en général des marins du Moyen-Âge et de l’époque moderne.
Au sous-sol, qui est en réalité le rez-de-jardin, la demeure étant construite à flanc de colline, une expo sur la vie au XVIIIe siècle à Montréal. Là encore, à chaque salle son thème : l’architecture, l’intérieur, les métiers, le costume, et une reproduction d’une salle commune, unique pièce des intérieurs les plus démunis. Clair et bien détaillé, une fois encore.
Une partie de la "salle commune", pièce unique de nombreuses habitations montréalaises du XVIIIe siècle
Et en sortant, le caissier me fait « Vous êtes resté bien longtemps, dites-donc ». Bah oui. Puisque rien ne pressait, j’ai quasiment fait à fond ce petit musée très intéressant. Seul regret : un mariage occupait le jardin, que je n’ai donc pas pu visiter. Qu’à cela ne tienne, l’accès semble gratuit (au jardin, pas au musée, pour lequel j’ai payé 6$, tarif étudiant), j’y retournerai !
Si vous décidez de visiter la place, profitez-en pour faire un tour dans le quartier, très joli. Le monde, les terrasses des restos, et les artistes de rue (tatouage temporaire, caricatures, jongleurs…) sur la place Champlain vous donnent l’impression (ou vous confirme) que vous êtes en vacance. Les quais du vieux port sont aisément accessibles, le marché Bonsecours qui regroupe une quinzaine de boutique d’artisans vaut le coup d’œil, tout comme l’architecture des bâtiments administratifs. L’Hôtel de ville, celui-là même où De Gaulle déclarait «Vive le Québec libre » en 1967, accueillait aujourd’hui la plus grande concentration de limousine que j’aie jamais vue. Mariages obligent !
L'Hôtel de ville de Montréal, avec son fameux balcon d'où fusa le "Vive le Québec libre" !