Le Jardin Botanique
Aujourd’hui, penchons-nous sur cette merveille qu’est le Jardin botanique de Montréal, fondé en 1931 par le frère Marie-Victorin, professeur de botanique, ce qui est plus utile que s’il avait été professeur de français ou docker, et le paysagiste Henri Teuscher. Situé dans le quartier olympique, à deux pas du Biodôme, ce parc de 73 hectares est un havre de calme et de nature – nonobstant les touristes – au cœur de la ville. J’ai eu l’occasion de le visiter deux fois en deux semaines, mais bizarrement, j’ai eu l’impression de découvrir un tas de choses la seconde fois. Bon, OK, il y a des endroits où j’avais pas été. Mais même à ceux que j’avais déjà visités, des plantes insolites, des aménagements particuliers ou simplement un panneau explicatif sont venus enrichir ce que j’avais déjà tiré de ma première visite.
Le pavillon principal
J’ai jamais été un fan de la botanique. J’arrive à peine à reconnaître un chêne ou un bouleau, ou distinguer un tilleur d’un érable. Quant aux fleurs, ma connaissance se résume aux tulipes, jonquilles, roses et marguerites. Et pourtant, j’ai vraiment été ébloui par ce Jardin. Par sa taille, déjà : avant même d’arriver aux caisses, faut marcher un p’tit bout de temps. Par sa diversité, ensuite, puisqu’une dizaine de jardins distincts sont proposés au public. Si on ajoute à cela que j’y suis allé pendant l’expo temporaire « la Magie des lanternes » dans le jardin chinois, qui reste ouvert jusqu’à 21h pour l’occasion, expo effectivement absolument magique, nul besoin de préciser que j’ai pas regretté mon investissement (pour la deuxième fois, vu que la première, j’avais un pass gratuit !). Le prix est de 12$ pour les étudiants, un peu plus pour les adultes, 16$ si je ne m’abuse. Pour ce prix, vous pouvez aussi visiter l’insectarium, mais si vous voulez tout faire, prévoyez la journée !
A l’entrée, l’exposition Vivants proposée par Yann Arthus Bertrand (Le type de La Terre vue du Ciel) et l’organisme Good Planet met en parallèle de magnifiques photos d’animaux allant de l’acarien à l’éléphant en passant par le colibri et la crevette de je ne-sais-plus-quoi, et des données relatives à la destruction de l’environnement par l’Homme. Des chiffres effrayant côtoyant des splendeurs qu’on est en train de détruire, y’a de quoi réveiller les consciences. Et c’est gratuit. Il faut par contre payer pour le reste.
Les serres d’exposition sont dans le pavillon central. Chaque serre est dotée de portes coulissantes qui font office de sas, nécessaires quand on passe de la forêt tropicale humide à une hacienda pleine de cactus ! Plein de plantes qu’il serait assez difficiles de faire pousser à l’extérieur, eut égard au climat Montréalais, mais qui, à l’abri derrière les verrières, s’épanouissent pour notre plus grand plaisir.
A l’extérieur, justement, deux solutions. Choisir soigneusement son parcours, ou partir à l’aventure, quitte à faire des détours pour voir ce qu’on avait pas vu. Mon sens de l’orientation jouant pour moi, on fait les deux…dans l’ordre, avec comme transition un « Merde, on est où, là ? ».
Il y a du beau et du moins beau au Jardin botanique. Le moins beau, c’est le jardin aquatique, où trois plantes d’eau tentent de pousser dans de ridicules car minuscules bassins plus ou moins humides. Le plus beau, heureusement, prévaut : c’est le reste.
Le Jardin chinois vous plonge au cœur de l’époque Ming, avec bâtiments, bassins, rocailles et ponts qui vous donneraient l’impression d’être dans un jardin privé quelque part en Chine, s’il n’y avait pas tous ces touristes. Une véritable enclave asiatique au cœur de l’Amérique du Nord. Coup de cœur n° 1 !
L'entrée du Jardin chinois...vu de dedans !
Mon coup de cœur numéro 2 est le Jardin japonais. L’entrée principale se fait par un pavillon où se trouve actuellement une expo fascinante sur la laque, cette résine particulière dont on enduit toutes sortes d’objets pour les rendre beaux au Japon ! C’est hallucinant de voir le travail que ça demande, et la beauté du résultat ! Après un court passage au jardin des bonsaïs, don de l’association japonaise de ces petits arbres, dont le doyen (des bonsaïs, pas des membres de l’asso’) a 210 ans, on pénètre dans le jardin proprement dit. Magnifique lui aussi, avec des ruisseaux, des pelouses, des petites pavillons à thé, une rocaille avec des cascades et un bassin où s’ébattent des carpes koï multicolores !
Vous l'aurez deviné : le jardin japonais !
D’autres jardins sont intéressants. Celui des premières nations présente une forêt dense de conifères ou de feuillus où sont disséminés des sites amérindiens (notamment un pseudo-mini-campement-de-chasse-pas-terminé) ou expliquant leur vie. Le jardin des sous-bois est un mélange de forêt et de parterres de plantes et de fleures où il est agréable de se promener. Impasse sur l’arboretum, trop loin. Visite, par contre, du Jardin alpin, où sont présentées les plantes qui poussent sur tous les types de montagnes dites « alpines ». Puisque j’ai la flemme de ressortir mon cours de géo de l’an dernier, vous aurez pas plus d’explications. D’autres petits jardins moins thématiques sont présents, surtout en bordure du Jardin.
Le jardin des Premières Nations : un petit bout de forêt au coeur de Montréal
Retour, enfin, au Jardin chinois ou l’obscurité naissante permet de profiter de la lueur des lanternes. Des centaines de lampions sont suspendus le long des allées tandis que, dans les plantes et sur l’eau, des œuvres d’art plus élaborées donnent une allure fantastique au Jardin. Dans le grand bassin, le thème des arts permet de proposer de gigantesques lanternes de danseuses, joueurs d’orgues…Un dragon accueille paresseusement les visiteurs, tandis que des grues patientent au pied d’une pagode. Les photos parleront d’elles-mêmes, mais je vous conseille vivement d’aller jeter un œil. C’est chaque année, des derniers jours de septembre au 31 octobre.
La magie des lanternes
Et bien évidemment, je ne peux que vous conseiller d’y aller après le 15 octobre, pour profiter de la couleur éclatante des arbres durant l’automne québécois.
Pas beaucoup de photos sur cet article. Et pour cause : je teste une nouvelle fonctionnalité d'Over-Blog. La gallerie de photos. Vous pourrez normalement retrouver un max de photos du Jardin Botanique dans la gallerie éponyme.