Des émotions en pagaille...

Publié le par Arkalys

Départ de la maison pour l’aéroport, vendredi 8 août 2008, à 3 heures du matin. Je voulais écrire la veille, pour faire du direct, être dans le feu de l’action. Trop fatigué. Puis je me suis dit que j’allais écrire à mon arrivée à Montréal. Pas d’Internet. Ce qui fait qu’il n’arrive que maintenant ! Alors, maintenant, je vous l’demande, que ressent-on avant de décoller vers le Québec ? Et puis, maintenant que je connais la réponse, j’en profite pour vous demander ce qu’on ressent en y arrivant ! Et la réponse est simple : des tas de choses !!!

 

De la peur. Quoi de plus normal, avant de quitter un cocon, mine de rien très confortable, pour partir vers l’inconnu, loin de tout ce qu’on aime, et de tous ceux qu’on aime.

 

Du stress. Inévitablement lié à la peur. Tout se passera-t-il bien ? Les correspondances se feront-elles sans problème ? N’y aura-t-il pas de souci avec l’avion ? Et à l’arrivée, la récupération des bagages ? Et à la douane, s’ils ont découvert les quelques denrées alsaciennes que j’ai ramenées ? Et à l’immigration, s’ils ne veulent pas me donner mon permis d’études ? Et si les colocs sont pas là, ou pas sympa ? Et si c’est un taudis dans un quartier mal famé ? Résulte de cette anxiété un nœud dans les trippes absolument inextricable, absolument douloureux aussi, qui m’a terrassé toute la matinée de jeudi, et dont seuls une heure de sommeil et deux Spasfon ont su venir à bout.

 

De la joie. C’est la concrétisation d’un projet de plus d’un an, de dix mois de préparations, de rencontres, d’information et de démarches. Le départ vers une expérience qui ne pourra être qu’enrichissante, même si l’expatriation s’avérait un échec. La découverte d’un pays nouveau, fascinant, qu’on décrit comme magnifique avec ses grands espaces et ses habitants chaleureux. De la joie aussi quand trois de vos meilleures amis viennent vous souhaiter bon voyage après avoir fait le guet pendant une heure, en pleine nuit, pour être sûr de pas louper le départ du Scenic. Excellente surprise, qui m’a énormément touché. Merci

 

De la tristesse, du coup, aussi. Celle de quitter tout ceux qu’on aime et qu’on apprécie, de faire une croix sur des activités auxquelles ont aurait bien aimé participer. C’est un sacrifice, de partir, également. Une semaine d’au-revoir enjoués mais déprimants, avec l’apogée à l’aéroport, lorsque vous regardez s’éloigner ceux qui vous ont le plus soutenu pour menez à bien le projet. Sauf miracle (ou forte possibilité financière subite), je ne verrai pas la plupart de mes amis pendant 10 mois. Ca fait un pincement au cœur. Pareil pour toute la famille. Les parents et la sœur me manqueront inévitablement, même s’ils viennent à Noël. Quant à sa copine, vous avez beau partir en même temps qu’elle, arriver à la même heure ou presque, et vous retrouver sur le même fuseau horaire, c’est on ne peut plus déprimant lorsque vous réalisez tout doucement que non, vous ne dormirez pas ensemble ces prochaines nuits, et ce pour deux mois. Et que non, même si vous êtes les deux sur le continent américain, 1500 kilomètres vous séparent, empêchant toute rencontre courte, impromptue et délicieuse. Et lorsque vous pensez à tout ça en même temps (c’est fortement déconseillé), il ne vous reste plus que vos yeux pour pleurer !

 

Une excitation sans borne. Indéniablement. Comment ne pas être excité quand on s’embarque pour une aventure de ce genre. De l’excitation liée à la peur, à la joie, au stress, à l’espoir aussi. L’espoir que tout se passera bien.

 

Et puis c’est le début de l’aventure, qui commence dans un petit aéroport coincé entre la Suisse et la France. L’attente dans le terminal d’embarquement, le vol – court – jusqu’à Paris, l’attente interminable dans le nouveau terminal d’embarquement, le bagage à main qui finalement est un bagage à dos, qui vous cisaille l’épaule, le café, le Duty Free shop, l’attente qui se prolonge, le retard qui s’affiche sur l’écran que vous scrutez toutes les 30 secondes, l’embarquement, enfin, où vous découvrez votre voisine de siège très sympa, Québecoise, pour se mettre dans l’ambiance. Le retard, à nouveau, parce qu’il y a des soucis de bagages dans la soute, et de carburant dans le réservoir. Le décollage, le vol, très long. Iron Man et Bienvenue chez les chtis, la mer de nuage. L’apéro au champagne, le repas au vin blanc, le café, le goûter trop copieux et trop fromagé, re-le café. Les côtes de Terre-Neuve qui se distinguent dans un ciel qui s’est découvert, sans pouvoir en voir plus parce que le siège hublot était déjà pris à l’achat du billet. La descente interminable, et l’arrivée dans l’aéroport Trudeau. La douane, avec une file d’attente digne des plus grands parcs d’attraction un jour férié, le poids des bagages à main/dos, l’attente à l’immigration où la policière, mignonne mais un peu grosse avec son gilet pare-balle vous transforme en fille sur le permis d’études, la récupération des bagages déjà finie quand vous arrivée, avec vos deux énormes valises qui côtoient les bagages d’un autre vol parce que l’immigration, ça prend du temps. Le taxi, la découverte des routes canadiennes, et l’arrivée à l’appart’, enfin !

 

Que ressent-on, alors, quand on est au Québec ?

 

Du désarroi. Finalement, rien n’est différent, et en même temps, tout est différent. Les routes sont des routes, mais les panneaux n’ont rien à voir. Les voitures les plus petites sont des berlines 5 portes, sans plaque à l’avant (les plus grosses non plus d’ailleurs). Les gens parlent français avec une intonation étrange. Ils sont très sympas, en revanche. Les supermarchés sont des supermarchés, mais les noms sont différents. Les zones commerciales sont immenses, et les pharmacies vendent du chocolat Lindt « Chili » (Cerise-piment) introuvable en France. La vie a subitement grimpé, comme si l’inflation avait soudainement pris 150%. Mais non, vous êtes juste passé au dollar canadien. Taxes non comprises.

 

Du soulagement. D’être arrivé à bon port, d’avoir trouvé sans problème, que rien n’ait merdé avec la douane ou l’immigration. De pouvoir s’asseoir, enfin, les bagages devant vous sans être obligé de les garder à l’œil de peur qu’un terroriste international qui aurait réussi à s’introduire dans le terminal n’y place une bombe (miniature, parce qu’une normale ne serait pas rentrée dans ma valise ultra-pleine). D’avoir des colocs très cool et/ou très discrets, et un ami d’une coloc’ européen, touriste, avec qui vous pourrez squatter.

 

De la tristesse. Toujours. La prise de conscience est plus rude dans ce Nouveau Monde. Vous réalisez pleinement que ça y est, vous êtes partis pour dix mois, que ça vous plaise ou pas. Et c’est dur !

 

Du découragement. Pour les raisons évoquées au-dessus, mais aussi parce que votre liste mentale des trucs à faire à l’arrivée doivent désormais être faites, certaines plus rapidement que d’autres : ouvrir un compte, écrire à la prof qui vous suivra, acheter des tickets de métro…

 

De l’étonnement. Le Québec, c’est l’Amérique, finalement, pas la France : les produits des supermarchés vous sont inconnus, les plats parfois aussi. C’est pas cher, mais les taxes (15%) ne sont jamais affichées. Il y a du beurre de cacahuète - pardon, d'arachide - sur la table du p'tit dèj, cotoyant le Nutella. Les « épiceries » sont des supermarchés qui vendent des médicaments et des hot-dogs en bâtonnets. Les distances sur les cartes sont trompeuses, et vous marchez systématiquement le double de ce que vous aviez estimé.

 

De la fatigue, enfin. 26 heures debout ou assis, à attendre que le temps se passe, ou à le passe en poussant des bagages, à stresser, réfléchir, cogiter, projeter, penser…c’est quand même un peu éprouvant ! Mais on y est...c'est parti !

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E
super bien écrit <br /> <br /> je vis la meme chose et les émotions sont les mêmes à chaque fois malgré les expériences similaires passées
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A
Ton blog est vraiment super, ou du moins le début, on pourrait croire le récit d'un aventurier à travers les Fjords ! Vraiment très bien rédigé et très intéréssant ! je viendrais jeter un p'tit coup d'oeil de temps en temps, parceque j'imagine que tu auras de nombreux articles a publier. Je te souhaite encore une fois un très très bon voyage dans ce magnifique pays... a Bientot peu etre !<br /> Arno
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T
Du soulagement: que tu sois bien arrivé, que ton voyage ce soit plutôt bien passé.<br /> Pour le reste c'est normal. Quitter ceux qu'on aime ça fais toujours de la peine mais c'est le début, le temps de rencontrer des gens et tout le toutim. d'ailleur j'en suis désolé mais dans 10 mois ça va être probablement la même chose dans l'autre sens, mais avec le plus que, en rentrant, des gens t'attendrons. a+ poto<br /> P.S.: s'il font de l'alcool d'erable glisse moi une bouteille dans la valise de tes parents....
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E
J'adore ton article mon amoureux. C'est exactement ça...tu me manques chaque seconde. Je t'embrasse fort...
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