Le hockey à la Cage aux Sports
« Montréal est une ville hockey ». J’ai entendu cette phrase dans la bouche de mon coloc’ pour la première fois, mais depuis, je l’ai retrouvée à plusieurs occasions. Pourquoi ? Aucune idée. Peut-être parce que la première partie de hockey codifiée, réglementée, a été jouée à Montréal. Quoiqu’il en soit, la majeure partie des Montréalais soutiennent activement le club local, les Canadiens (pour Club de Hockey Canadien), plus vieille équipe encore en activité puisqu’elle fêtera l’an prochain ses cent ans, ce qui donne l’occasion aux sponsors d’estampiller tout le merchandising d’un fier et flamboyant « 100 ». Bref, les casquettes, chandails, drapeaux (surtout sur les voitures) et autres menus objets du quotidien prolifèrent dans les rues de la ville.
« C’est tellement cher d’acheter des billets pour les voir au Centre Bell [la patinoire des Canadiens] que ça coûte moins cher de payer le gaz [l’essence] pour aller voir un match à Toronto ou Ottawa ». C’est ce qui a suivi la première phrase de cet article. Et pour encore moins cher, il y a…la Cage aux Sports.
La Cage aux Sports, c’est une chaîne de bars-restaurants québécois spécialisés dans la diffusion d’émissions sportives. Dans celui près de chez moi, une cinquantaine d’écrans HD montrent en continue rencontres et émissions de sports divers et variés. Les soirs de match du Canadien, ajoutez à cela quatre écrans géants, dont deux au bar, où mon coloc’, puisqu’il connaît tous les employés, arrive toujours à réserver alors que c’est théoriquement impossible.
Difficile d'avoir une photo correcte dans un bar aux lumières tamisées...
L’ambiance est digne d’une finale de coupe du monde de foot en France. La moitié des clients sont aux couleurs des « Habs » (pour Habitants, apparemment), ça hue quand on prend un but, ça hurle quand on en met un. Le gérant offre les shooters à 2€ chaque fois que les Canadiens placent la rondelle dans le filet, des effets sonores accompagnent chaque action. On mange et on boit les yeux rivés sur les écrans, on se retient pour n’aller aux toilettes qu’aux « entractes ». Et encore, il faut faire vite. Car si la première pause n’est pas très intéressante, la seconde l’est beaucoup plus ! Pour deux raisons. La première, c’est qu’il y a un tirage au sort. A la première pause, on gagne un abonnement d’un mois dans une salle de fitness. J’ai prié les deux fois pour que mon nom ne sorte pas. A la seconde, par contre, on peut gagner un T-shirt aux couleurs des Canadiens. Beaucoup plus intéressant. Ce soir, le vainqueur ne s’est pas présenté à temps. Après quatre appels, le gérant tire un autre nom, celui de mon coloc’, qui me balance gentiment le T-shirt « pour pas avoir honte que je l’accompagne ». En fait, il en a déjà un, et m’offre celui qu’il vient de remporter. Merci infiniment à lui. En échange, je paie le pichet de bière !
Deuxième intérêt du second entracte, on réalise tous les avantages d’être venus un samedi soir et d’être posé au bar : trois des serveuses grimpent dessus et nous proposent une chorégraphie simple mais qui a le mérite de pousser l’ambiance à son paroxysme ! J'en ai vu plusieurs baver !
Deux soirées à la Cage, deux défaites des Canadiens, contre Toronto puis Philadelphie. J’attends avec impatience une victoire, mais rien qu’avec ces deux matchs, j’ai eu la confirmation que Montréal est définitivement « une ville hockey » !