Sylvain Cossette
Qui ? Sylvain Cossette. Mais si, vous le connaissez. C’est un chanteur québécois. Ah, Garou ? Non, Sylvain Cossette. Allez, faites un effort. Il a chanté dans Notre-Dame de Paris. Bah, c’est Garou, non ? NON ! Sylvain Cossette est Sylvain Cossette, c’est lui :
C’est aussi le remplaçant de Bruno Pelletier dans N-D de Paris (Il est venu le temps des cathédrales, et tout ça). Et c’est surtout un artiste très populaire au Québec. En témoignent les trois groupies entre deux âges (jeune adulte et vieil adulte, à peu près) devant moi, qui hurlent alors que les techniciens installent encore le matos’.
Mais commençons par le commencement, un prospectus invitant au 25ème festival international de montgolfières (oui oui, de montgolfières, ces gros ballons qui volent) à Saint-Jean-sur-Richelieu. L’affiche était alléchante, il devat même y avoir une montgolfière Dark Vador appartenant à un belge. Mais sightseeing tour dans Montréal et poutine oblige, on a loupé le départ des ballons. Mais je dois avouer que Mélodie, ma coloc, était plus emballée par l’affiche des concerts. Car oui, chaque soir, deux concerts se succèdent, avec des plus ou moins stars. Grand regret : je n’ai pas pu voir Tokio Hotel qui sont passés samedi, à l’ouverture du festival. Regret sincère, celui-là : j’ai aussi loupé Stéphane Rousseau, qui passait le dimanche. J’aurais tellement voulu vérifier si au Québec, son accent est plus prononcé qu’en France ! Ce soir, donc, Cherry Suede, un groupe inconnu au bataillon, et Sylvain Cossette, un nom qui ne me disait absolument rien.
Mais bon, donner 15$ pour voir une montgolfière de Dark Vador et deux concerts dont un d’une superstar québécoise, je veux bien. Au temps pour la montgolfière : notre retard mais aussi la météo exécrable nous la feront louper. Reste les concerts. On y va, on y va pas ? Allez, on y va. Et on arrive pour la fin de Cherry Suede (quand on vous dit qu’on était en retard !). Pour ce que je vois, on a rien loupé. Un petit groupe de rock gentillet, avec un chanteur/leader faussement rebelle, ses cheveux blonds ouverts dans le vent et la pluie. Quand à la musique, elle est banale, « I’ll be waiting for you, blah blah blah ».
Qu’importe, on est venu voir Sylvain Cossette, que diable ! Et il faut dire que Sylvain Cossette est attendu. Pas seulement par les trois groupies devant moi, bien qu’elles fassent à elles seules la moitié du bruit du public pour le moment. Scène réinstallée, les derniers parapluies se referment. La pluie a été sympa avec Sylvain Cossette. Puis il arrive, sous les cris et les applaudissements d’une foule en délire. Son accent normand du XVIIe siècle extrêmement prononcé, il nous confie avoir pensé que le public se compterait sur les doigts des main (8 pour être précis). Mais il semble ravi de s’être trompé, et nous dit « qu’on est des vrais ».
Bien habillé dans sa veste blanche et son T-shirt noir estampillé 70s – car oui, j’avais oublié de vous dire que Sylvain Cossette est actuellement en tournée avec des grands tubes des années 70 – il fait craquer toutes les filles, de 7 à 77 ans. Et il faut avouer que ça le fait. Armé de musiciens ultra-compétents (l’un des deux guitaristes, par exemple, est un artiste confirmé qui a déjà un album, et qui a lui aussi joué dans N-D de Paris, mais au Québec), il nous emmène surfer sur la vague du rock des seventies. Il faut dire qu’il est pas mauvais, le bougre. Sa voix s’adapte volontiers à ce qu’il chante, de Police à Queen, en passant par un tas de chansons que je ne connais pas, parce que ma culture musicale est pas assez étendue et que c’est pas de mon époque ! Clou du spectacle : Hotel California, des Eagles, qui rend les trois nanas devant complètement folles. Mains tendues vers Cossette, elles espèrent apparemment un court contact. Les autres ne sont pas aussi fous, mais chantent volontiers le refrain avec l’artiste. Et quand il est l’heure de partir, après une très bonne interprétation de We will rock you, la foule en délire, ou en tous cas très enthousiaste, le rappelle pour deux chansons, avant de s’en retourner vers les voitures. On en aura eu pour son argent. Le concert devait durer 1h, il en a duré 45mn de plus. A tel point que les autres attractions du site étaient fermées lorsqu’on y a fait un tour. Finalement, en faisant abstraction de Céline Dion, sont pas si mal, ces chanteurs canadiens.